Thèmatique – Accompagner le deuil

Emmanuelle Hermen

La place du deuil

Il fut un temps où l’on portait le deuil, un an ou dix ans, avec des couleurs dédiées, selon les coutumes… Ce temps semble bien loin. Est-il possible qu’à l’image de notre organisme qui a besoin de temps pour digérer un repas, notre psychisme aie besoin de temps lui aussi pour assimiler certains évènements ?
Dès qu’il nous faut nous adapter à de nouvelles situations, il nous faut laisser aller les anciennes : que ce soit un déménagement, une promotion, un mariage, une séparation ou bien sûr la disparition d’un être cher ou moins cher, etc.
Faire le deuil c’est mener à bien cette mutation, c’est laisser aller ce qui n’a plus lieu d’être et transformer les expériences passées pour en nourrir notre présent. Comme l’a dit
A.L.Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

Lorsque ce processus de transformation ne se fait pas, il occasionne des coupures, des séparations conscientes ou inconscientes, qui génèrent des stress importants, à la fois énergétiques et émotionnels.  »
Ces stress prennent insidieusement la forme de fatigue, d’ennui, de tristesse, d’insomnies, de crises d’angoisse de dépendances diverses…

Ils ne sont que rarement identifiés et peuvent s’installer pour des années, jusqu’à ce qu’ils soient débusqués, que l’on découvre le pot aux roses.
Le travail de transformation qui n’a pas été fait peut alors avoir lieu ; et il nécessite souvent un accompagnement à la fois émotionnel et énergétique. »
Il y a un moment pour chaque chose, nous sommes parfois dans l’impossibilité d’accueillir certains changements, tout se passe alors comme si la situation était gelée, jusqu’à ce que nous soyons prêts, jusqu’à ce que nous ayons les ressources de mener à bien la «transformation».
Outre la disparition des différentes formes de stress nommées plus haut, cette «transformation» fait rejaillir la joie, l’envie, l’énergie, les projets et la créativité.
La vie est une perpétuelle invitation à la transformation, c’est peut-être ce qu’on appelle grandir ?

Les larmes sont les douches du cœur

Nous savons pleurer, bien naturellement. Il m’apparait de plus en plus évident que ce n’est pas une erreur de la nature, mais que les larmes nous permettent de nous laver de nos tristesses. Qu’advient-il alors lorsque, en grandissant, nous apprenons à réprimer nos larmes ?
Nous nous remplissons de larmes, tels des baobabs, sauf que cette « eau salée » ne nous aide pas à vivre ou à nous hydrater, elle nous dessèche.

Les émotions et le deuil

Quoi de plus dur et de plus insupportable que de vivre avec la colère, la tristesse, la culpabilité ? Faire le deuil permet d’évacuer ces émotions, aussi simplement que vous faites la vidange de votre voiture, pour éviter l’encrassement et la surchauffe du moteur.

Emmanuelle Hermen – Korevie Paris

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